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“Super Intelligence Force” : ce que la Maison-Blanche attend de cette task force sur l’IA

7 October 2026 at 17:37

L’administration Trump a accordé à la “Super Intelligence Force” une grande latitude pour déterminer comment le secteur de la tech et le gouvernement fédéral devraient répondre aux menaces que fait peser l’évolution rapide de l’IA sur la sécurité nationale et les libertés publiques, selon une charte obtenue par POLITICO.

Trois personnes au fait des discussions concernant cette task force ont confirmé l’authenticité du document. Ces personnes s’expriment sous couvert d’anonymat afin de pouvoir partager des informations qui n’ont pas encore été rendues publiques.

La task force devra définir des “mesures pour améliorer la capacité à la fois du gouvernement et du secteur privé face à se préparer et à répondre aux menaces pesant sur le territoire national et le peuple américain”, précise la charte. Elle rédigera également un rapport sur les risques liés à l’IA, en mettant l’accent sur “les menaces potentielles pour les libertés civiles”, la cybersécurité, les normes applicables aux modèles avancés et les conséquences d’une éventuelle surréglementation.

Le Wall Street Journal a été le premier à révéler les détails de cette charte.

La Silicon Valley et le Capitole ont tous deux été pris au dépourvu par l’annonce faite par Donald Trump concernant la création de cette task force. Quatre représentants du secteur de la tech ont en effet assuré à POLITICO que peu de personnes au sein de la filière en avaient été informées avant la publication du post du président américain sur les réseaux sociaux. Donald Trump préfère parler de “superintelligence” plutôt que d’intelligence artificielle.

La création de cette task force intervient alors que de grands laboratoires spécialisés dans l’IA, comme Anthropic et OpenAI, ont révélé une série d’incidents de cybersécurité liés à de nouveaux modèles dotés de capacités de piratage avancées, poussant des leaders du secteur et des parlementaires à réclamer un éventuel ralentissement du développement de cette technologie.

Le directeur du renseignement national, Jay Clayton, dirigera cette task force dans le cadre de ses nouvelles fonctions de référent IA de l’administration, aux côtés du sous-secrétaire à la Défense, Emil Michael, du directeur de l’Office of Personnel Management, Scott Kupor, et du président de la Commission fédérale du commerce, Andrew Ferguson, qui occuperont les fonctions de vice-présidents.

Le groupe sera composé notamment de responsables d’administrations fédérales, par exemple de la NSA (l’agence de renseignements électroniques) ou du ministère de la Santé et des Services sociaux. De hauts responsables de la Maison-Blanche, dont le vice-président JD Vance et la cheffe de cabinet Susie Wiles, seront également étroitement associés à ces travaux. L’ancienne secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, ainsi que le financier et ex-référent IA David Sacks apporteront également leurs “conseils”, respectivement en matière de sécurité nationale et de technologie.

La task force sera en place pendant cent vingt jours, mais ses activités pourront être prolongées — ou ses missions transférées à un autre organisme public — sur décision de Susie Wiles, selon la charte.

Plus d’opportunités, mais aussi plus de risques

Toujours d’après le document, la task force mènera des travaux portant sur les services financiers, les infrastructures énergétiques, les transports, l’agriculture et les services d’urgence, et collaborera avec le Pentagone, le ministère de la Justice, le ministère de la Sécurité intérieure et la Commission fédérale du commerce afin de formuler ses recommandations.

La charte met également en avant deux domaines à risque qui font l’objet d’une attention accrue depuis quelques mois : la biosécurité et les menaces pesant sur l’approvisionnement en eau. OpenAI a récemment apporté son soutien à une série de projets de loi visant à empêcher les modèles d’IA d’aggraver la menace que représentent les armes biologiques. De son côté, son concurrent Anthropic a révélé plusieurs incidents au cours desquels ses modèles ont été utilisés par des scientifiques de pays étrangers pour mener des recherches sur des agents pathogènes dangereux.

L’administration Trump a également lancé en août un programme visant à protéger les infrastructures hydrauliques américaines vulnérables contre les menaces liées à la cybersécurité, à la suite d’une série de cyberattaques visant des réseaux d’approvisionnement en eau locaux à travers le pays.

La task force sera également chargée d’examiner “les protocoles et mécanismes actuellement en place” permettant aux laboratoires d’IA de signaler au gouvernement les violations de sécurité, les piratages et les jailbreaks (ou débridages), ainsi que de formuler des recommandations visant à améliorer la réponse du gouvernement face à de tels incidents.

Le document décrit cette technologie comme “à la fois un amplificateur et un catalyseur des risques et des opportunités”, mais attribue en fin de compte la responsabilité des risques liés à l’IA aux laboratoires qui développent des modèles avancés.

“Bien que les laboratoires soient en dernier ressort responsables des risques et des opportunités que leurs modèles amplifient et accélèrent, le rôle du gouvernement fédéral est de prendre conscience de cette période de changement et de la comprendre, ainsi que de faire respecter les lois de notre nation afin que les principes fondamentaux de notre République soient préservés et promus”, peut-on lire dans le document.

Cet article a d’abord été publié par POLITICO en anglais, puis a été édité en français par Jean-Christophe Catalon.

Read the charter for the White House’s ‘Super Intelligence Force’

6 October 2026 at 23:51

The Trump administration has given its newly created “Super Intelligence Force” broad authority to determine how the tech industry and the federal government should address threats to national security and civil liberties posed by fast-evolving artificial intelligence technology, according to a charter obtained by POLITICO.

Three people familiar with discussions about the task force confirmed the document’s authenticity. The people were granted anonymity to share details that are not yet public.

The task force will identify “measures to improve the preparedness and response capability of both the government and the private sector to threats to the homeland and the American people,” the charter states. It will also produce a report on the risks of AI, focusing on “potential threats to civil liberties,” cybersecurity, standards for advanced models, and the impacts of possible overregulation.

The Wall Street Journal first reported on the details of the charter.

Both Silicon Valley and Capitol Hill were caught off guard by President Donald Trump’s announcement of the task force’s creation, with four tech-sector representatives telling POLITICO the industry was not widely informed beforeTrump’s social media post. Super intelligence is Trump’s preferred term for artificial intelligence.

The task force’s creation comes as major AI labs such as Anthropic and OpenAI have disclosed a spate of cybersecurity incidents related to new models with advanced hacking capabilities, sparking both industry leaders and lawmakers to call for a potential slowdown in AI development.

Director of National Intelligence Jay Clayton will lead the task force in his newly minted role as the administration’s AI czar, with Under Secretary of Defense Emil Michael, Office of Personnel Management Director Scott Kupor, and Federal Trade Commission Chairman Andrew Ferguson serving as vice chairs.

Its members include administration officials across the federal government, including at the National Security Agency and the Health and Human Services Department. Senior White House officials, including Vice President JD Vance and chief of staff Susie Wiles, will also be closely involved. Former Secretary of State Condoleezza Rice and venture capitalist David Sacks, who served as the administration’s AI czar until March, will also provide “advice” to the group on national security and technology, respectively.

The task force will stand for 120 days, but its work can be extended – or functions transferred to another government agency – at Wiles’ direction, per the charter.

The task force will undertake work spanning financial services, energy infrastructure, transportation, agriculture and emergency services, per the charter, and will work with the Pentagon, the Justice Department, the Homeland Security Department and the Federal Trade Commission to outline its recommendations.

The document also calls out two risk areas that have come under increased scrutiny in recent months: biosecurity and threats to the water supply. OpenAI recently threw its weight behind a slate of bills aimed at preventing AI models from exacerbating the threat of biological weapons, and rival lab Anthropic disclosed several incidents in which scientists in foreign countries used their models to research dangerous pathogens.

The Trump administration also rolled out a program in August to protect vulnerable U.S. water facilities from cybersecurity threats, following a series of cyberattacks on local water systems across the country.

The task force will also be responsible for reviewing “the current protocols and mechanisms in place” for AI labs to notify the government of breaches, hacks and jailbreaks, in addition to developing recommendations for improvements to the government’s response to such incidents.

The document refers to the technology “as both an amplifier and accelerant of both risks and opportunities” but ultimately places responsibility for any risks associated with AI on the labs developing advanced models.

“Though the labs are ultimately responsible for the risks and opportunities that their models amplify and accelerate, it is the role of the federal government to recognize and understand this era of change and to enforce our nation’s laws so that the fundamental principles of our Republic are safeguarded and advanced,” the document reads.

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