Claude Monet's first paying work was caricature. At fifteen, he sold unflattering drawings of well-known men around Le Havre through a framing shop, and crowds gathered at the window to look at them. By his own later account, he was among the most successful artists in the Norman port city. — Read the rest
PARIS — Le Conseil constitutionnel a rendu ce vendredi sa décision sur la loi interdisant les réseaux sociaux aux mineurs et a annoncé censurer son article 1er, qui acte ladite interdiction pour les moins de 15 ans.
De fait, la décision rend caduque le principal objet de cette loi portée depuis plusieurs années par le président de la République.
Dans sa décision, les Sages estiment en effet que cet article, en instituant une interdiction “de portée générale” des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, porte “une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication” qui n’est pas “adaptée, nécessaire et proportionnée à l’objectif poursuivi” : celui de protéger les mineurs en ligne.
“L’interdiction instituée par la loi est susceptible de s’appliquer à des services de communication en ligne dont les risques pour la santé et la sécurité des mineurs ne sont pas établis”, estime encore le Conseil constitutionnel, insistant sur l’imprécision autour du champ d’application de l’article.
Le risque avait été soulevé au moment de l’examen du texte au Sénat, certains élus de la Chambre haute ayant tenté d’imposer l’établissement d’une “liste noire” qui définirait plus précisément les plateformes concernées par cette limitation d’accès aux mois de 15 ans – et éviterait ainsi le risque de censure par le Conseil constitutionnel.
Un élément du texte retiré au moment de son examen en Commission mixte paritaire pour assurer sa conformité avec le droit européen.
Le Conseil constitutionnel estime par ailleurs que le texte ne définit pas les garanties légales propres à assurer le droit au respect de la vie privée des utilisateurs qui seront contraints de faire vérifier leur âge par les plateformes pour prouver leur majorité.
“Le gouvernement n’a pas assez écouté le Sénat et le risque d’inconstitutionnalité que nous pointions depuis des mois. Désormais, le risque, c’est que le texte soit vidé de sa substance”, a réagi, sur ce point, la rapporteure du texte au Sénat, Catherine Morin-Desailly, auprès de POLITICO.
Un constat partagé par le député socialiste Arthur Delaporte, à l’origine de l’une des saisines du Conseil constitutionnel. L’autre émanait du groupe de la France Insoumise (LFI).
“Dans notre recours, nous dénoncions un dispositif disproportionné passant à côté de son objectif”, a-t-il commenté sur X. “L’obstination présidentielle a été mauvaise conseillère”.
Le président du groupe EPR, Gabriel Attal, a déclaré sur X prendre acte de la décision de la juridiction concernant ce texte porté par son groupe : “Avec Laure Miller et les députés Ensemble nous poursuivons le travail pour atteindre notre seul objectif : protéger nos enfants et notre jeunesse”, a-t-il promis.
“Le Président de la République a chargé le Premier ministre de travailler, dans les meilleurs délais, à une rédaction juridiquement robuste tenant compte de la décision du Conseil constitutionnel ainsi que du cadre européen”, a assuré de son côté l’Elysée dans un communiqué publié peu après. Et de poursuivre : “la détermination du Président de la République à faire aboutir cette réforme d’ici au printemps 2027 demeure totale”.
Cet article a été mis à jour pour ajouter les réactions à la décision du Conseil constitutionnel.
Charles le Brun (1619–90) drew a set of human heads that match the heads of animals: an ox, a fox, an eagle, a raven, a parrot, and a pig. Louis XIV put him in charge of the decoration of Versailles in 1669, and the palace pictures needed crowds of figures a viewer could tell apart at a glance. — Read the rest
BRUXELLES — Lorsque les responsables de la sécurité français et allemands ont annoncé le mois dernier leur intention de mettre en place une “infrastructure numérique européenne souveraine”, les initiés des secteurs de la technologie et de la défense des deux côtés de l’Atlantique ont tout de suite compris ce qu’ils voulaient vraiment dire : “Adieu Palantir”.
Partout en Europe, on recherche activement des alternatives à cette société américaine spécialisée dans l’analyse de données, que de plus en plus de responsables gouvernementaux jugent trop impliquée dans certains des domaines les plus sensibles de l’action publique, allant des services de police locaux et du renseignement international à la défense nationale et aux systèmes de santé.
Mais il sera extrêmement difficile pour l’Europe, dans sa quête de souveraineté numérique, de se passer de Palentir, dont l’expertise en matière de données, largement inégalée, a pris une place essentielle dans les procédures quotidiennes.
“Soyons honnêtes, le produit de Palantir est très bon et addictif, c’est un peu comme le sucre dans le Coca”, reconnaît le député MoDem Philippe Latombe, défenseur français de la souveraineté numérique. “Palantir est capable de traiter d’énormes quantités de données avec une grande précision et, grâce à son expérience, l’entreprise a eu le temps d’améliorer ses algorithmes auprès de nombreux clients et de les adapter à de nombreux cas d’utilisation.”
Pourtant, la volonté de se libérer de Palantir gagne tout le continent : de Madrid, où le gouvernement de Pedro Sánchez a ordonné aux entreprises publiques d’exclure Palantir des futurs marchés publics, jusqu’aux services de renseignement intérieurs français (DGSI), qui ont préféré l’entreprise française ChapsVision à Palantir. Au Royaume-Uni, le prochain test pourrait avoir lieu en février 2027, lorsque le nouveau gouvernement travailliste d’Andy Burnham devra décider s’il met fin au contrat de 330 millions de livres sterling conclu avec Palantir pour la plateforme fédérée de données de la Sécurité sociale (NHS).
La décision prise le mois dernier par les services de renseignement français et allemands d’opter pour ChapsVision a porté un double coup dur à la direction de Palantir. Le PDG du géant américain, Alex Karp, est toutefois resté sûr de lui après ce revirement soudain, affirmant qu’il ne s’inquiétait pas de la concurrence européenne. “Nous avons un exemple de ce qui ne fonctionne pas”, a-t-il ironisé la semaine dernière sur Fox Business. “Ça s’appelle l’Europe.”
Alex Karp, PDG de Palantir, est l’invité de l’émission « The Claman Countdown » aux studios de Fox Business Network. | John Lamparski/Getty Images
Olivier Dellenbach, fondateur et PDG de ChapsVision, concède à POLITICO que son entreprise avait tiré profit de ce qu’il qualifie de “rejet viscéral de Palantir” en Europe.
Il refuse toutefois que ChapsVision soit réduit à une simple alternative anti-Palantir. La souveraineté numérique, affirme-t-il, restera une formule creuse si les gouvernements ne la transforment pas en politique industrielle. “Il faut plus de commandes publiques”, estime Olivier Dellenbach.
La Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg, la Roumanie, les Pays-Bas et le Canada ont déjà manifesté leur intérêt pour le système d’IA “Artemis” de l’armée française, selon Patrick Moreau, l’un des architectes de cette solution développée par l’entreprise française d’aérospatiale et de défense Thales.
“Ils veulent tous pouvoir choisir une solution souveraine compatible avec les normes de l’Otan”, fait-il valoir. “Contrairement à la ‘boîte noire’ de Palantir.”
Mais pour l’instant, même les responsables qui souhaitent trouver des alternatives souveraines reconnaissent que le marché européen des solutions de remplacement reste fragmenté et que les entreprises européennes ne sont pas encore en mesure d’égaler l’envergure et les résultats de Palantir.
L’amiral Pierre Vandier, commandant suprême allié pour la transformation de l’Otan, a récemment déclaré à POLITICO que l’Alliance ne disposait d’aucune alternative viable à la technologie d’IA de Palantir destinée au champ de bataille.
Un autre responsable de l’Otan, qui a souhaité garder l’anonymat pour pouvoir s’exprimer en toute franchise, souligne que le système de Palantir disposait d’une capacité inégalée à passer au crible des montagnes d’images satellites afin d’aider à identifier une cible, de recommander l’arme à utiliser pour la frapper, d’indiquer la quantité de munitions nécessaire — et de passer automatiquement une commande pour réapprovisionner les stocks.
“A ma connaissance, il n’y a aujourd’hui aucun véritable concurrent de Palantir”, estimait l’amiral Vandier en mai.
Liberté ou démocratie ?
Cofondée par Karp et l’investisseur milliardaire Peter Thiel, Palantir s’est forgé une réputation au sein de l’appareil de sécurité nationale américain. Aujourd’hui, la société affiche une capitalisation boursière de 330 milliards de dollars.
Thiel est l’un des plus fervents partisans du président américain Donald Trump au sein de la Silicon Valley, tandis que la collaboration de l’entreprise avec l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) et l’armée israélienne a fait l’objet de critiques de la part d’Amnesty International et d’autres organisations pour des violations présumées des droits de l’Homme. A ce malaise suscité par les activités de Palantir, guidées par une idéologie, s’ajoutent les récentes révélations concernant la société secrète “Dialog” de Thiel, un club réservé à l’élite mondiale et accessible uniquement sur invitation, ainsi que le manifeste de Karp affirmant que Palantir représente le meilleur espoir pour l’Occident démocratique de garder une longueur d’avance sur ses rivaux autoritaires.
“Peter Thiel explique que la défense de la liberté ne passe pas nécessairement par la démocratie”, s’inquiète auprès de POLITICO le député LFI Aurélien Saintoul, auteur d’un rapport sur les dépendances militaires à l’étranger. “Il met clairement les moyens techniques au service de son projet politique, et nous parlons ici de technofascistes.”
Un porte-parole de Palantir, qui a souhaité rester anonyme, a qualifié ces accusations de “ridicules”, soulignant que le ministère russe des Affaires étrangères avait récemment tenu des propos similaires à l’égard de l’entreprise.
Peter Thiel et son mari, Matt Danzeisen, participent à la conférence Allen & Company Sun Valley, qui se tient au Sun Valley Lodge le 9 juillet 2026. | Kevin Dietsch/Getty Images
“Nous savons de quel côté nous sommes, et aux côtés de qui nous nous rangeons”, a déclaré le porte-parole, évoquant les efforts actuellement déployés pour soutenir l’armée ukrainienne. “Depuis notre création, la protection de la vie privée et des libertés civiles constitue le fondement de notre action au sein des institutions des secteurs public et privé. Les responsables politiques occidentaux devraient réfléchir sérieusement à l’identité du véritable ennemi et ne pas se laisser manipuler par le Kremlin.”
De nombreux détracteurs européens de l’entreprise affirment que la question de Palantir relève bien davantage de la souveraineté technologique que de l’idéologie politique. Retirer l’entreprise de certains des domaines les plus sensibles des structures de sécurité européennes ouvrirait la voie à une plus grande indépendance technologique.
Au contraire, si les gouvernements européens ne parviennent pas à se passer d’une entreprise fournissant des solutions logicielles, cela montrerait à quel point il est irréaliste d’espérer réduire leur dépendance vis-à-vis des géants technologiques américains qui fournissent des infrastructures cloud et du matériel informatique.
Il y a également cette réalité dérangeante : alors même que les dirigeants politiques appellent à prendre leurs distances avec Palantir, les plus grandes banques et les principaux gestionnaires d’actifs européens ont considérablement accru leurs investissements dans cette entreprise américaine au cours de l’année écoulée, alors que celle-ci se positionne pour tirer profit de la ruée vers l’or de l’IA, comme le rapporte le site d’investigation Follow the Money.
Un développement à la faveur des crises
La présence de Palantir en Europe s’est construite bien avant l’essor actuel de l’IA. L’une des caractéristiques marquantes de sa croissance est qu’elle n’a jamais manqué de tirer parti d’une crise pour démontrer sa valeur aux gouvernements qui en avaient besoin.
En France, par exemple, Palantir s’est implanté au lendemain des attentats terroristes de novembre 2015 à Paris, alors que les services de sécurité s’efforçaient de répondre à la vive indignation de l’opinion publique, qui leur reprochait d’avoir laissé une telle tragédie se produire. Les services de renseignement nationaux ont signé un contrat avec le géant de l’analyse de données en 2016.
Un scénario similaire s’est produit en Allemagne, où le premier déploiement majeur de l’américain a eu lieu à Francfort, où la police a acquis la solution Gotham de Palantir en 2017 et l’a déployée sous le nom de hessenDATA. Cet outil s’est avéré essentiel pour permettre aux agents de transformer une multitude d’informations en pistes permettant de résoudre des affaires criminelles.
L’Allemagne reste profondément divisée quant à l’opportunité d’utiliser les logiciels de Palantir. Le ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a présenté un projet de loi susceptible d’ouvrir la voie à une utilisation plus large au niveau fédéral. Mais cette initiative s’est heurtée à l’opposition des sociaux-démocrates, partenaires de la coalition, ainsi que de hauts responsables de la sécurité.
Ce même schéma “de la crise au contrat” s’est reproduit au Royaume-Uni pendant la pandémie de Covid-19. La collaboration entre Palantir et le Service national de santé (NHS) a débuté lorsque l’entreprise a perçu une rémunération symbolique d’une livre sterling pour aider à agréger des données pendant la crise, selon Louis Mosley, responsable de Palantir au Royaume-Uni.
Europol a utilisé la plateforme Gotham de Palantir de 2016 à 2021 avant de finalement y renoncer. Pour un responsable de l’agence de police de l’UE, à qui l’anonymat a été accordé afin qu’il puisse s’exprimer librement sur le sujet, le problème avec Palantir est moins idéologique que pratique. Certes, la plateforme est coûteuse, soulève des questions de souveraineté et rend les clients dépendants de Palantir pour les mises à jour, a déclaré ce responsable. Mais la première question est de savoir si chaque agence a besoin de l’ensemble de l’écosystème Palantir.
“[Palantir] est vraiment efficace quand on dispose d’énormes quantités de données et qu’on souhaite tout relier”, ajoute notre source. “Mais ce n’est pas notre cas. Dans bien des cas, les solutions alternatives sont suffisamment performantes. Si nous l’utilisions, je ne suis pas sûr que notre efficacité s’en trouverait considérablement améliorée.”
Une partie de la stratégie de Palantir en Europe consiste à recruter d’anciens fonctionnaires issus des institutions qu’elle souhaite compter parmi ses clients. OpenDemocracy a révélé que Palantir avait embauché quatre anciens fonctionnaires du ministère britannique de la Défense avant de remporter un contrat de 240 millions de livres sterling avec cette même institution.
La campagne d’influence
Par ailleurs, Palantir cherche désormais à décrocher de nouveaux contrats sur le continent dans le domaine de la défense.
Le 1er juillet, le système “Maven Smart System” de Palantir — initialement utilisé par le Pentagone — est devenu pleinement opérationnel au sein de l’Otan, ce qui signifie qu’il a obtenu l’habilitation de sécurité nécessaire pour fonctionner sur le réseau classifié. Selon un communiqué de l’organisation transatlantique, cette plateforme relie les systèmes de commandement et de contrôle de l’ensemble de l’Alliance.
“Je pense qu’il s’agit d’une étape très importante pour la défense européenne”, s’est félicité Louis Mosley, directeur de Palantir au Royaume-Uni.
Mais l’emprise de Palantir sur l’Europe ne s’arrête pas aux portes des administrations ou des casernes. Elle s’étend également à certains des fleurons industriels du continent. Airbus a signé un accord avec Palantir en 2015, faisant de “Foundry” de Palantir l’épine dorsale de sa plateforme de données aéronautiques. Le constructeur automobile BMW, la société énergétique British Petroleum et l’éditeur Axel Springer — société mère de POLITICO — utilisent tous Foundry pour améliorer leur productivité.
A la recherche d’alternatives
Même si l’Europe parvient à affaiblir l’emprise de Palantir, le modèle de cette entreprise, qui s’appuie sur les derniers systèmes d’IA à grand modèle de langage, ne semble faire que se renforcer.
C’est le cas notamment du “forward deployed engineering” (FDE), service qui consiste à intégrer des équipes d’ingénieurs au sein même des sièges sociaux de ses clients afin de développer des systèmes d’IA en collaboration avec eux. Palantir a été pionnier dans ce modèle allant au-delà de la vente de logiciel. Il a été suivi récemment par Amazon Web Services qui a annoncé le 30 juin un investissement de 1 milliard de dollars dans une nouvelle structure de FDE. Quelques jours plus tard, Microsoft a annoncé mettre sur la table 2,5 milliards de dollars pour déployer 6 000 ingénieurs et spécialistes du secteur au sein des entreprises clientes.
La puissance de ses produits, combinée aux domaines sensibles dans lesquels ils sont utilisés, fait de Palantir le cas d’école par excellence en matière de souveraineté numérique en Europe. Si les gouvernements et les entreprises parviennent à remplacer une couche logicielle qui contribue à transformer les données en décisions, ils disposeront peut-être d’un modèle leur permettant de regagner une partie de leur souveraineté numérique. Dans le cas contraire, la prochaine génération d’outils d’IA développés par les géants technologiques américains pourrait s’avérer encore plus difficile à abandonner.
“Les institutions publiques européennes ne peuvent pas devenir dépendantes de logiciels développés par un petit cercle de milliardaires américains du secteur des technologies, dont la vision politique est obscure”, a déclaré Hannah Neumann, eurodéputée allemande écologiste, qui siège à la commission de la Défense. “Ce serait comme externaliser une partie de l’Etat démocratique à un service de renseignement privé qui ne rend de comptes ni aux électeurs ni au Parlement.”
David Pargamin a contribué à cet article depuis Paris.
Cet article a d’abord été publié par POLITICO en anglais, puis a été édité en français par Matthieu Verrier.
France's ban on unsolicited solicitations comes into effect next week, protecting consumers from telemarketers and other intrusive sales pitches. Acknowledging that its "opt-out" system (as found in other countries) had only served the hucksters, the Fourth Republic is trying something new: actually stopping them. — Read the rest
PARIS — Entre ses interventions et interviews données à intervalles réguliers et sa récente lettre aux Français, Bernard Cazeneuve, pas encore officiellement candidat, avance ses pions petit à petit dans la campagne présidentielle. En matière d’énergie, notamment, l’ancien Premier ministre compte faire entendre une voix singulière à gauche.
La décarbonation n’est “pas une option” pour celui qui, comme tous ses concurrents, érige la souveraineté énergétique en objectif prioritaire et pense qu’il faut électrifier la France pour résoudre le problème de surproduction d’électricité. Il défend une “économie décarbonée qui ne soit pas une écologie punitive”, décrypte son entourage.
Sauf que Bernard Cazeneuve mise avant tout sur la filière nucléaire, et se montre nettement moins allant que ses concurrents de gauche sur le soutien aux énergies renouvelables, qui ne peuvent se développer qu’en complément de l’atome, selon lui.
“Une rationalisation des investissements” dans les énergies renouvelables est nécessaire, écrit-il dans sa missive.
A l’inverse, il y considère la “filière électronucléaire” comme un atout dans la décarbonation de l’économie. C’est pourquoi il encourage le renouvellement des centrales existantes et la poursuite du programme de relance de l’atome impulsé par Emmanuel Macron.
Bernard Cazeneuve est aussi un partisan des réacteurs de nouvelle génération, à neutrons rapides, qui font fantasmer nombre de partisans du nucléaire. Ceux-ci pourraient être alimentés par du combustible MOX produit à partir des 340 000 tonnes d’uranium appauvri, issues de l’exploitation du parc nucléaire et actuellement entreposées en France.
“C’est beau comme du [Bruno] Retailleau”, grince un parlementaire de gauche à la lecture de ses principales propositions. Celles-ci sont en effet plus proches de ce que prêche la droite que de ce que portent les autres candidats de gauche.
“Le petit passage sur l’énergie nous va bien, mais c’est encore très court”, se félicite au contraire un lobbyiste de l’atome auprès de POLITICO au vu des premières propositions du prétendant — qu’il n’a pas encore rencontré.
Un attachement historique à l’atome
L’ex-maire de Cherbourg et député de la Manche connaît bien ces problématiques, notamment grâce à l’usine de retraitement implantée dans son ancienne circonscription, opérée par la Cogema, devenue une filiale d’Orano (ex-Areva).
En 2011, il n’avait rejoint l’équipe de François Hollande pendant sa campagne victorieuse qu’à la condition que le candidat retire de son programme l’arrêt annoncé de la production de combustible MOX en France — suivant une recommandation d’Areva, son producteur.
Dans la Sarthe fin juin, invité par son ancien collègue de gouvernement Stéphane Le Foll, actuel maire du Mans, à s’exprimer sur son programme en matière de nucléaire, l’ancien Premier ministre n’hésitait pas à critiquer La France insoumise et les Ecologistes qui se “trompent” en ne voulant pas faire comme lui. Surtout qu’il peut se prévaloir de sa constance sur la question, quand d’autres membres de son camp ont viré de bord.
Lorsqu’il quittait le pouvoir en 2017, en même temps que François Hollande, la France était engagée dans une trajectoire de réduction de sa production d’électricité nucléaire (une décision qu’il ne cautionne pas), avec une planification à mettre en œuvre pour fermer des réacteurs. Mais depuis, l’heure est à la relance : le prolongement de la quasi-totalité des réacteurs est examiné par le gouvernement, et de nouveaux doivent voir le jour dans une dizaine d’années.
Des conseillers pronucléaires
Pour élaborer son programme, Bernard Cazeneuve peut compter sur les éclairages de Marc Fontecave, chimiste et professeur au Collège de France, ou de Louis Gallois, ancien dirigeant de plusieurs entreprises publiques, ont confirmé les intéressés à POLITICO — le second n’a pas souhaité entrer dans le détail “d’échanges privés”.
Marc Fontecave, qui préside également le conseil scientifique d’EDF, se penche depuis plusieurs mois sur la stratégie énergétique du pays dans ses cours ouverts à tous au Collège de France. Le scientifique est un opposant aux “catastrophistes” du climat, le surnom qu’il donne aux militants Cyril Dion, Greta Thunberg ou Aurélien Barrau, auxquels il a consacré un livre.
Il siège également à l’Académie des sciences, qui a rendu un avis assez sévère — mais “équilibré”, selon Marc Fontecave — sur la feuille de route du gouvernement, notamment sur le soutien au développement des énergies renouvelables.
Louis Gallois partage aussi ces inquiétudes. Il avait signé en décembre 2024 une tribune alertant sur “le développement à marche forcée des énergies renouvelables” avec d’anciens dirigeants d’entreprises de l’énergie. Ce texte avait été largement critiqué par les représentants du secteur, qui ne comprenaient pas l’intérêt de dénigrer les renouvelables pour encourager le nucléaire.
L’ex-patron de la SNCF ou d’EADS siège d’ailleurs au conseil d’administration de PNC France, le lobby pronucléaire et antirenouvelables piloté par l’ancien président de l’Assemblée, Bernard Accoyer, qui a porté un recours au Conseil d’Etat contre la dernière feuille de route énergétique de l’exécutif.
Pas très allants sur les renouvelables
Bernard Cazeneuve assure toutefois que son soutien au nucléaire n’est pas “un renoncement à continuer à développer les énergies renouvelables”. Il rappelle au passage avoir contribué à développer l’éolien offshore en France, notamment grâce à l’implantation d’une usine à Cherbourg.
“Il faut développer les énergies renouvelables”, martelait-il encore au micro de BFMTV en juillet.
Cet appui aux renouvelables se fait toutefois à de multiples conditions. Il suggère d’ailleurs, en écho aux propositions de la droite parlementaire, de réaliser un audit sur ces énergies avant de proposer une nouvelle programmation énergétique. Plusieurs rapports ont été rédigés sur le sujet ces derniers mois, aussi bien à la demande du gouvernement (confié à Jean-Bernard Lévy et Thierry Tuot) que par la Cour des comptes ou la Commission de régulation de l’énergie.
Il faut “un minimum expertiser et réfléchir avant de s’engager dans des chemins qui satisferont politiquement ceux qui ont procédé à des annonces, mais pas toujours les Français qui devront payer la facture énergétique”, a mis en garde l’ancien Premier ministre lors d’une prise de parole dans la Sarthe, défendant une planification de long terme.
“Leur déploiement doit être favorisé, mais de façon mieux contrôlée, en fonction de l’évolution de la demande”, abonde Marc Fontecave dans un échange écrit avec POLITICO.
Leurs critiques ne sont pas nouvelles, et sont partagées, notamment par des personnalités politiques à droite ou des acteurs de la filière nucléaire : le solaire et l’éolien sont des énergies intermittentes, non pilotables, qui nécessitent des coûts importants de raccordement. Surtout, leur déploiement se ferait au détriment des centrales nucléaires, qui seraient poussées à moduler leur production. Ce phénomène inquiète d’ailleurs EDF et horrifie les soutiens de l’atome, mais il n’aurait pas de conséquences sur la sûreté des réacteurs, selon l’énergéticien.
Dans le programme de Bernard Cazeneuve, “le développement des énergies renouvelables est conditionné à la reprise de la demande, mais la même précaution n’est pas appliquée au nucléaire”, remarque Nicolas Goldberg, directeur associé chez Colombus Consulting.
Il rappelle aussi que la compétitivité du parc nucléaire actuel est liée aux effets de série, et que les réacteurs à neutrons rapides ou la gestion des déchets sont des entreprises coûteuses “dont il faudra préciser le financement”. “J’ai du mal lorsqu’une grille d’analyse est appliquée de façon différenciée sur les technologies”, conclut celui qui est aussi expert pour le think tank Terra Nova sur les sujets énergétiques.
“On est dans la vision du passé”, regrette aussi un lobbyiste des renouvelables, qui apprécie la “rigueur intellectuelle” et “l’éloquence” de l’avocat d’affaires, mais le trouve “terriblement old school” sur les questions énergétiques.
Bernard Cazeneuve trouve néanmoins certains points d’accord avec les autres candidats de gauche. Il soutient — comme de nombreux élus normands — le déploiement de la filière hydrolienne, qui a besoin d’un coup de main du gouvernement pour s’implanter dans la Manche.
Et pour régler le problème d’électricité surabondante, il encourage entre autres l’adoption des véhicules électriques, autant par la massification du leasing social proposée par Raphaël Glucksman — “une très bonne piste”, a-t-il salué dans la Sarthe —, que par le développement du marché de l’occasion via le renouvellement des flottes des entreprises.
Join me and my friend Jane Bertch in Paris on Sunday, June 29th, for a booksigning event from 3pm to 4:30pm at La Cuisine Paris at 78 Quai de l’Hôtel de Ville (4th).
Note that books are in limited supply and you are welcome to bring books you’ve purchased elsewhere. Please note that the venue is not able to take credit card payments on-site.
I’ve been featuring some new and revisited favorite restaurants in Paris, writing them up in my newsletter. You can find a list of my Favorite Restaurants in Paris on my website but here are links to the posts in my newsletter of places I’ve eaten at lately…
When you think of Strasbourg, cocktail bars are probably not the first thing on your mind. Most people head to this lovely French city for festive Christmas markets, tasty tarte […]